Comprendre et guérir la blessure de la mère

Les relations mère-fille ne sont pas toujours évidentes. Parfois fusionnelles, tendues ou même conflictuelles, ces relations ne sont pas toujours faciles à gérer. Certaines personnes préfèrent prendre du recul ou couper les ponts avec leur mère. D’autres acceptent la relation sans rien attendre de plus. D’autres encore suivent des thérapies pour sentir mieux. Quoi qu’il en soit, la relation mère-fille, peu importe la qualité, aura un impact sur notre vie d’adulte. Examinons ensemble ce qu’est la blessure de la mère et comment envisager la guérison de cette relation.

Cet article a été écrit pour le magasine Fenua Orama du mois de Juillet.

La blessure de la mère prend son origine dans la relation mère-fille. Elle est transmise de génération en génération et elle provoque de profondes conséquences sur nos vies. Si elle n’est pas résolue, nous transmettons à nos enfants cette blessure, que notre mère et nos grand-mères nous n’ont pas réussi à guérir avant nous. La blessure consiste en des croyances erronées sur nous-mêmes, sur les autres et sur la vie en général. Dans certaines relations mère-fille, a priori équilibrées, il ne semble pas y avoir d’impact visible sur notre vie. Et pourtant, les dysfonctionnements dans nos relations amoureuses ou amicales pourront être expliquées par ce fardeau que la mère n’a pas évacué.

Les émotions et les comportements dû à cette blessure

La blessure de la mère se manifeste dans notre vie par certains comportements qui peuvent être conscients ou inconscients :

  • La peur d’être soi-même pour ne pas blesser ou décevoir les autres
  • La honte de soi ou le fait de se minimiser et se rabaisser
  • Une grande tolérance au fait d’être maltraitée ou non respectée
  • La dépendance affective ou émotionnelle
  • L’auto-sabotage lorsqu’on est proche du but
  • La dépression, les troubles alimentaires ou les dépendances
  • Le perfectionniste, la rigidité ou le fait de vouloir dominer
  • La compétition ou la comparaison avec les autres femmes
  • La culpabilité d’en vouloir plus que ce que l’on a
Que se passe-t-il dans l’inconscient de la Fille?

Si une fille internalise les croyances inconscientes de sa mère – qui sont en résumé : « je ne suis pas assez bien » – elle obtient l’approbation de sa mère mais se trahit elle-même en laissant son potentiel et ses rêves de côté. Cependant, si elle n’intègre pas les croyances inconscientes de sa mère, mais affirme son propre pouvoir et son potentiel, elle prend conscience que sa mère peut ressentir cela comme un rejet personnel. La fille ne veut pas risquer de perdre l’amour de sa mère et son approbation. De cette façon, internaliser ces croyances est une sorte de moyen d’être loyale envers sa mère et de survivre émotionnellement. En résumé, il pourrait être dangereux pour une femme de réaliser son propre potentiel parce que cela signifie qu’elle risquerait d’être rejeté par sa mère : « Ma mère s’est tellement sacrifiée pour moi. Je serais ingrate et égoïste de faire ce qu’elle n’a pas pu faire. Je ne veux pas qu’elle se sente mal à cause de moi« . D’une certaine façon, la fille veut éviter, soit la jalousie et la colère de la part de sa mère, soit que sa mère se sente triste et délaissée. Tout cela est bien entendu inconscient. Mais aucun enfant ne peut sauver sa mère  

L’origine de la blessure

Dans les sociétés patriarcales – dominées par le masculin – les femmes sont souvent conditionnées se considérer comme « moins que rien » ou qu’elle ne mérite pas d’avoir ce qu’elles désirent. Ce sentiment d’infériorité s’est transmis à travers de nombreuses générations de femmes. Historiquement, les cultures patriarcales ont placé le rôle de la femme dans celui de la maternité, sorte de rôle unique et obligatoire. Cela a eu pour conséquence de reléguer les ambitions des femmes à s’occuper de leur famille et de la maison. On attendait également d’elle qu’elles servent constamment les autres en s’oubliant elle-même, qu’elles soient 100% efficace tout le temps, qu’elles restent attirantes et qu’elles se sacrifient pour élever leurs enfants. Même si la société a évolué, ces croyances sont encore bien présentes dans l’inconscient collectif. On observe ainsi que les femmes mettent de côté leurs rêves, leurs désirs et leurs ambitions pour rentrer dans l’image que l’on attend – inconsciemment – d’elles. Ainsi, les femmes le transmettent à leurs enfants sous la forme de rejet, d’abandon émotionnel ou de manipulation, ne sachant pas comment gérer la frustration de s’être mises de côté.

Que se passe-t-il dans l’inconscient de la Mère ?

Être mère dans notre société s’avère souvent très difficile. Personne ne vous prépare à ce qui vous arrive après la naissance. Cette difficulté est souvent amplifiée par des messages véhiculés par la société tels que : Tu dois être une super-maman. Si tu n’as pas naturellement la fibre maternelle, c’est qu’il y a quelque chose chez toi qui ne va pas. Tu dois savoir tout gérer avec facilité : avoir des enfants bien éduqués, être sexuellement attirante et garder un couple solide. Par conséquent, pour les mères qui se sont énormément sacrifiées pour leurs enfants, elles peuvent ressentir une sorte de rejet lorsque leur fille accomplit ses rêves. Cette dynamique a pour conséquence que les générations suivantes de filles se rabaissent de façon à ce que leurs mères se sentent validées et reconnues en tant que mère. Ainsi, l’identité de la mère qui se sacrifie se perpétue. La rage projetée inconsciemment envers leurs enfants n’est en réalité pas contre eux. Elle est contre la société patriarcale qui demandent aux mères de se sacrifier et de s’oublier pour remplir leur rôle.  

La guérison de la blessure de la mère

Pour guérir de la blessure de la mère, il est important de ne pas blâmer sa mère pour ce que l’on ressent. Une fois que l’on a saisi le mécanisme inconscient qui se joue dans la relation, il est plus facile de se comprendre soi-même et ce qu’il s’est passé dans notre enfance. C’est la première étape pour accepter cette blessure. Accepter ne veut pas dire tout encaisser et supporter sans rien dire. Accepter, c’est prendre conscience des blessures en nous – et non les ignorer pour ne pas souffrir -, et décider que l’on va s’atteler à guérir ces blessures identifiées et prendre soin de nous. Vous pouvez commencer par faire un exercice de pardon à votre mère et à vous-même : par exemple écrire une lettre où l’on expose ses ressentis et émotions, que l’on brûlera à la fin. Pardonner, c’est pour soi qu’on le fait, cela permet de faire la paix intérieurement. Ensuite, vous pouvez travailler sur vos croyances négatives vous concernant puis les transformer en croyances positives. Il est également nécessaire de vous apporter de l’amour et de la bienveillance à vous-même chaque jour et travailler la confiance en vous. Si vous souffrez de problèmes d’estime de vous-même plus profonds, faîtes appel à une thérapeute spécialisée ou suivez des ateliers de développement personnel. Je vous conseille également le livre « Les 5 blessures qui empêchent d’être soi-même » de Lise Bourbeau. Enfin, fixez vos objectifs de vie, écrivez vos rêves et vos envies et voyez ce que vous pouvez mettre en place pour les atteindre. Prenez soin de vous, à tout moment et en tout temps.

 


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