Libérer la souffrance intérieure féminine

Il y a une dizaine de jours, je commençais à ressentir une souffrance intérieure très profonde chez les femmes. C’était dans l’air, dans l’inconscient collectif. Cela n’a pas raté. Quelques jours plus tard, l’explosion a eu lieu. #metoo #balancetonporc. Les femmes se sont réveillées et ont décidé de parler.

Cette souffrance cache ce qui est douloureux à l’intérieur. Elles gardent au fond d’elles ce qui fait mal, ce qui tabou, ce dont on ne peut pas parler. La souffrance liée à la sexualité qu’on assume mal d’une part, et d’autre part les agressions liées à la sexualité.

L’énergie sexuelle est l’énergie de la vie selon les Taoïstes. Elle prend naissance dans le bas ventre et doit circuler dans tout le corps et les méridiens pour se voir épanoui et en bonne santé. Or, énormément de personnes (et ici on parle surtout de femmes) s’en coupent. Elles la retiennent, lui barrent le passage, font comme si elle n’existait pas. S’arrangeant pour être bien occupées à d’autres activités, comme le travail, les enfants ou le sport.

J’ai travaillé pendant plusieurs années dans un milieu d’hommes, sur des chantiers. 80% d’hommes peut-être. Cela ne me dérangeait pas, j’avais eu l’habitude d’être souvent avec frères, cousins et copains. Mais travailler dans ce milieu a complètement bouleversé mon système de croyance sur le couple et la femme. Je découvrais – entre autres – que : la plupart des hommes là-bas trompaient leur femme, les hommes regardaient des films pornos – le sexe était même une obsession, tout était permis, etc. Je découvrais une réalité différente de celle de mon éducation.

Donc, je me suis habituée à ces nouvelles croyances et plus rien ne me choquait. J’étais devenue un « homme » pour mieux m’adapter – ou me protéger. Je jurais quand je parlais anglais, j’engueulais les gars sur le chantier, j’ouvrais ma bouche pour me faire entendre. Je faisais aussi des blagues salaces. Recevoir par email de la part des collègues des PowerPoint d’images porno ne me choquaient plus. On avait un groupe d’amis où parler de cul était le sujet favori. Avec du recul, j’ai vu qu’il régnait sur le chantier une énergie trop yang (masculine), ainsi qu’une frustration extrême. C’est comme si la dureté des conditions de travail devait être compensée par le sexe sous toutes ses formes.

Je ne me suis jamais sentie agressée durant cette période, ou alors je ne le voyais pas. Je ne voyais pas l’irrespect, l’agression, le dépassement des limites.

Maintenant, vivant dans un monde un peu plus équilibré. L’agression me saute aux yeux. Elle me donne envie de vomir. Pas plus tard que ce week-end, un gars dit à ces copains devant moi : « Alors vous l’avez pas encore tringlée celle-là ? ». Il s’en est pris une. Encore une frustration qui conduit à ce genre de comportement.Ou un autre qui insiste pour monter chez moi, alors que je connais très bien sa femme. Ou un autre copain me disant « t’es toujours aussi hot ».

Je ne souhaite pas aller dans le détail des agressions minimes ou importantes que j’ai subi. Mais ce que je vois, c’est que l’image de la femme rabaissée à un objet sexuel ou à celle qui doit assouvir les désirs des hommes, contribue aux comportements agressifs largement répandus. Ces comportements qui amènent les femmes à se renfermer, se couper de leur énergie sexuelle ou adopter un comportement d’homme. Pour mieux se protéger.

Les images sexuelles sont partout. Plusieurs fois sur la route, je croisais cette pub de Coca-cola Polynésie : une femme tête à l’envers en train de boire goulûment sa bouteille. Je me suis : c’est incroyable cette sexualisation des pubs, est-ce qu’un homme aurait la même position sur la photo avec la bouteille ? Eh bien, j’ai eu ma réponse. Bien sûr que non. Regarde, j’ai trouvé les 8 photos de pub actuelle à Tahiti :

1e photo : une femme / une poitrine, pas de visage // 2e photo : une femme / un entrejambe, pas de visage // 3e photo : un homme / son visage (on dirait qu’il rentre du sport)

1e photo : un homme / son visage // 2e photo : une femme / boit goulûment son coca // 3e photo : une femme / petit sourire coquin

1e photo : une femme / en mode « je te veux » // 2e photo : un couple / le gars est en train de se faire allumer par la fille qui embrasse la bouteille

Sur les 8 photos, on a 6 femmes – en mode allumeuse ou en position suggestive – et on a 3 hommes.

C’est pareil si je tape « surfeuse » sur Google, j’obtiens pas mal de photos de derrières en mini-maillot et de positions suggestives. Alors que bizarrement avec « surfeur », je n’ai jamais vu d’homme poser de dos en regardant en arrière avec un sourire coquin. Certes, il y en a 2 torses nus sur la plage.

Avec toutes ces tentations visuelles (dans les pubs, à la télé, sur internet) montrant du sexe ou de l’appel au sexe, comment veux-tu que les femmes ne se fassent pas abordées, alpaguées, draguées, chargées, agressées ?

Je dirai aussi que les femmes contribuent à cette image. Mon but n’est pas de trouver un coupable bien sûr, mais de réfléchir à la situation. Je me rappelle avoir passer un entretien il y a plus de 10 ans pour une grosse multinationale. J’étais habillée en tailleur noir et chemisier blanc. Une femme de ma famille m’a dit : belle comme tu es, tu vas l’avoir ce poste. En repensant à cela, je me rends compte à quel point l’inconscient collectif féminin était programmé dans ce sens : beauté/attraction = tu obtiens un travail. Et…euh… y’a que cela qui compte ? Plusieurs de mes amies durant une conversation me disaient qu’elles étaient prêtes à coucher pour avoir un CDI. Et ce n’était pas une blague.

Je pourrais aussi parler des photos alléchantes sur les profils Facebook des jeunes filles de 14-15 ans. Je pourrais parler aussi des femmes qui regardent des films porno violents et rabaissant les femmes. Je pourrais parler des femmes qui parlent de sexe et des hommes ou femmes comme des fast-foods. Encore une fois, je ne cherche pas de coupables, ni à juger. J’observe juste ce qui est. Bien sûr, je ne cache pas ma colère et même ma douleur face aux comportements actuels.

Que peut-on faire pour améliorer tout cela ? Le but principal est d’éviter cette souffrance intérieure, ces émotions douloureuses qui se cristallisent dans les corps et amènent à un mal-être permanent et aux symptômes physiques (jusqu’aux cancers). Je parle beaucoup des femmes. Mais je pense que les hommes souffrent énormément aussi, et peut-être surtout ceux qui agressent.

D’abord, stoppons les comportements agressifs et irrespectueux en montrant à nos frères, amis et amoureux où cela ils ont dépassé les bornes. Affirmons-nous, et même si cela doit être fait de manière plus virulente, pour ne pas subir.

Chacun de notre côté, homme ou femme, essayons de comprendre et de nous mettre à la place de l’autre. Mettons en scène des pubs inversées (homme à la place de la femme), des images inversées, des agressions inversées. Posons-nous la question si nous agissons dans le respect de l’autre et de nous même. Est-ce respecter la femme de la forcer ou de la draguer dès qu’on est bourré ou en manque ? Est-ce se respecter soi-même et la femme en général que de poster des photos suggestives ?

Pourquoi a-t-on besoin d’agir ainsi ? Où est notre frustration ? A-t-on besoin d’affection, de reconnaissance, de valorisation ? Confondons-nous l’amour et le sexe ? Confondons-nous irrespect et jouissance ? Quels sont nos besoins non-satisfaits ?

Regardons les réactions et les comportements de nos semblables et de nous-mêmes : comment pouvons-nous changer chacun de notre côté pour modifier les programmes de l’inconscient collectif ?

Enfin, guérissons-nous, nous et notre intérieur en cessant de bloquer cette énergie sexuelle en nous. Laissons-la circuler. On peut le faire en prenant des cours de Qi Gong par exemple. Acceptons nos frustrations, en les exprimant pour les faire sortir de notre intérieur et nourrissons nous-même nos besoins.

Si tu veux commencer le défi 21 jours pour te libérer d’une habitude qui te nuit (dépendance affective, cigarette, alcool, nourriture, sexe, réseaux sociaux/internet, nourriture ou autre manque…), c’est le bon moment avec la nouvelle lune.

Avec amour,

Amandine

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4 réflexions au sujet de « Libérer la souffrance intérieure féminine »

  1. Merci Amandine pour ton témoignage, qui me parle intimement. Tu exprimes si bien ce que j’ai vécu tout au long de ma vie de fillette, de femme, ce genre d’agression envers ma féminité, aussi bien par mon père, mes frères, oncles, collègues de travail. Je ressens de la colère envers les hommes depuis ma plus tendre enfance, elle est très très souvent réactivée. Quel dommage…

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