Comment surmonter sa timidité

La timidité est souvent vue comme un défaut qui handicape dans la vie quotidienne. La société actuelle, notamment par le bais des réseaux sociaux, montrent des personnes bien dans leur peau, charismatiques et communiquant facilement. Difficile de ne pas être envieuse ou de ne pas se comparer aux personnes dont la vie semble parfaite. C’est comme s’il fallait se conformer à cette image pour avoir l’impression de réussir sa vie. Souvent, on ne sait pas comment faire pour vaincre sa timidité, si ce n’est d’imiter ou de ressembler à ces personnes. Or, essayer de devenir quelqu’un d’autre ne fonctionne pas à long terme. Comment dépasser sa timidité ? Comment la transformer en un atout ? C’est ce que nous allons voir dans cet article où je vous partage ma propre histoire à cœur ouvert.

La blessure de rejet

D’aussi loin que je me rappelle, je me suis toujours sentie ou vue comme une enfant timide. Sur les photos, je paraissais gênée. Quand on me filmait ou si on me regardait en train de jouer ou de faire une activité, je ne me sentais pas très bien. Certains de mes oncles utilisaient des mots peu flatteurs pour me qualifier dans ma timidité. Je me réfugiais alors dans des rêveries solitaires pour m’évader. A l’école, j’étais souvent rejetée ou mal-traitée par mes copines et je ne savais pas me défendre. Je me sentais inférieure. J’étais souvent la dernière à connaître les gros mots, les connaissances des grands ou les jeux à la mode. Je n’étais jamais vraiment à l’aise là où j’étais et surtout à l’école. J’avais peu de copines, je pense que j’évitais d’en avoir trop pour ne pas souffrir ou attirer la jalousie. En grandissant, j’ai continué à ne pas me sentir vraiment à ma place dans ce monde. Je rêvais de prouver au monde ma valeur. Je rêvais d’apparaître dans le journal en tant que directrice d’une entreprise pour faire un gros pied de nez à tous ceux et celles qui m’avaient rabaissé.

L’estime de soi

Née dans une fratrie de 3 enfants, je me sous-estimais souvent par rapport à mon frère ainé. Lui réussissait. Lui parlait facilement aux autres. Lui était sociable. Lui avait plein de capacités et de talents. Je me suis toujours mise en position d’infériorité. Il jugeait souvent les vêtements que je portais, la musique que j’écoutais ou les amis que j’avais. Alors, je l’ai suivi. C’était mon modèle et il « fallait » que je fasse comme lui pour être conforme à ce qu’on attendait de moi. Mais de façon contradictoire, cela l’énervait. J’ai donc gardé ce schéma longtemps : me mettre en position d’infériorité par rapport aux personnes charismatiques. Je me rappelle avoir commencé à apprendre la guitare seule, mais l’estime de moi était trop basse pour que je me sente capable de persévérer. J’ai également été longtemps influençable, même si mon intuition me guidait à m’écouter moi-même. J’ai attiré, par la suite dans ma vie adulte, des personnes manipulatrices, confortant cette croyance inconsciente.

Apaiser ses blessures

Selon ma vision, la timidité vient surtout d’un manque de confiance en soi et d’estime de soi. Il ne faut pas se blâmer pour cela. Vous pouvez regarder quelles sont les blessures de votre enfance : du rejet, de l’abandon ou de l’humiliation. Souvent les personnes qui ont été rabaissées ou se sont senties humiliées vont se créer une forte corpulence – inconsciemment – pour se protéger de l’extérieur. Peut-être que vous vous êtes sentie rejetée ou abandonnée ; dans ce cas votre corps vous le montre en étant plutôt maigre ou molle, comme une envie de disparaître. En tous les cas, identifier vos blessures et commencer un travail pour les apaiser, avec un thérapeute par exemple, vous permettra de reprendre confiance en vous. C’est vous qui allez ensuite prendre soin de vous pour vous donner la reconnaissance, le soutien, la valorisation et les encouragements dont vous avez besoin.

Aller vers les autres

Lors d’un entretien pour un job d’étudiant, la chef du secteur m’a dit m’embauchait car elle aussi était timide auparavant et on lui avait donné sa chance. Bien entendu, dans les entretiens d’embauche, je ne savais pas vraiment quoi dire, ni comment me mettre en valeur. Mais cette chef m’a donné l’opportunité de sortir de moi-même. Ce job était au contact du client dans un supermarché pendant les fêtes et l’ambiance était sympa. Je pense qu’il m’a vraiment permis de me sentir bien avec le public et avec les inconnus. Au fur et à mesure, je me suis épanouie à travers ces petits jobs d’étudiants. Également, lors de mes études, le climat sympathique de la classe m’a redonné confiance en moi. Je me sentais bien et j’allais facilement vers les autres. Ensuite, j’ai eu l’opportunité de partir faire mon stage de fin d’étude en Nouvelle-Calédonie. Seule à l’autre bout de la terre, l’univers m’apportait là l’opportunité de commencer à voler de mes propres ailes et découvrir mes capacités.

Les challenges de la vie

Après mon stage de fin d’étude, j’ai voulu rester en Nouvelle-Calédonie et j’ai trouvé du travail dans les chantiers miniers. J’ai été propulsée de mon statut d’étudiante fraichement sortie du nid familial à un monde clairement dur et challengeant. Travaillant dans un milieu masculin et hors de la norme, toutes les valeurs transmises par mon éducation ont volé en éclat. Je découvrais le monde, ou du moins un monde, mais il était différent. Ces premières années de ma vie salariée m’ont obligé par la force des choses à m’affirmer, parler en public et ne pas me faire écraser par la gent masculine. Cela a été un vrai challenge pour moi, il a été sans concessions. Mais aujourd’hui, je remercie cette partie de ma vie car elle m’a permis d’avoir du courage et accomplir de grandes chose. Nous pouvons voir les épreuves et les difficultés de la vie comme un apprentissage réel et parfois nous devons passer par là.

Se donner des défis

Pour pouvoir sortir de sa timidité, il est nécessaire de se donner à soi-même une impulsion. Il faut se mettre en action. Vous pouvez vous donner des petits défis pour aller vers les autres, obtenir quelque chose ou aller vers de nouveaux horizons. Par exemple : aller parler à un inconnu, s’inscrire à un concours ou une compétition sportive, faire une sortie seule, postuler à un emploi éloigné de vos diplômes, s’inscrire à un cours de chant ou de ‘orero. Au-delà des petits défis, vous pouvez aller plus loin, comme vous lancer dans un projet ou voyager à l’étranger. Je vous assure que sortir de ce qui est familier et confortable apporte de belles surprises. Ainsi, vous pouvez découvrir des talents cachés et vos dons. Si vous ne testez pas, vous ne pouvez pas savoir. Enfin, ne voyez pas votre timidité comme une tare ou un défaut. Vous pouvez être timide et accomplir de grandes choses. Même certaines grandes oratrices, écrivains ou cheffes d’entreprise sont des personnes timides.

La renaissance

Par la suite, lorsque je me suis lancée dans l’entreprenariat, je me suis découverte autrement. J’ai voulu évoluer vers une vie plus douce et plus facile. Certes, mes années d’entreprenariat n’ont pas toujours été roses. J’ai relevé d’autres types de challenges, comme le fait tout simplement de s’assumer et d’être son propre patron. Mais, c’est une aventure humaine qui permet de se connaître en profondeur. Ne pouvant plus compter sur l’extérieur pour nous dire quoi faire et comment le faire, nous allons puiser dans nos ressources au fond de nous pour avancer. Cette connaissance de soi, grâce à un travail personnel sur soi, révèle nos capacités et nos dons. Elle nous insuffle également le courage de les utiliser et de les faire valoir. Maintenant, cette timidité, je peux la ressentir par moments. Mais je la mets à profit dans des qualités humaines comme l’aide et la guérison. Je pense que si je n’avais pas ressenti cette timidité en étant jeune, je n’aurais pas pu me tourner vers mon monde intérieur. Et je n’aurais pas eu à relever ces défis de la vie qui font celles que je devenue maintenant.

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