Retrouver son chemin après un échec

Hier soir, j’étais en train de lire le livre « Big Magic » de Elizabeth Gilbert (auteur de Mange, prie, aime) et j’ai voulu vous partager ce passage inspirant – je l’ai traduit de l’anglais donc il se peut que l’expression ne soit pas parfaite. Ce texte parle d’échec et de résilience. Surtout pour les créateurs et les artistes. Mais il s’étant à tous et tout le monde.

Parfois on est embourbé dans une situation ou même dans sa propre tête. Après un échec – ou ce que l’on considère comme un échec, mais qui n’en est pas toujours un – on perd confiance en soi et on remet en question une partie de notre vie. Ou même toute notre vie. Cet embourbement, c’est nous qui nous le créons. Quand on reste coincé dans sa tête avec des idées noires et négatives. On est pris dans une sorte de spirale.

Comme dans l’exemple de ce texte, si on ne fait rien, on reste toujours dans le même état. Souvent, en feintant son cerveau et en le distrayant, on réussit à se couper de la spirale d’idée. Je ne parle pas d’aller se distraire sur les réseaux sociaux ou dans les addictions. Je parle de sortir, aller dehors, faire du sport, une activité, quelque chose qui va nous faire concentrer sur autre chose.

Je sais que ça peut être difficile de se sortir d’un état dépressif et de mal-être. Je l’ai vécu aussi. Il y a énormément de sentiments et émotions qui nous bloquent. Mais quand on réussit, c’est magique. Quelque chose se débloque. Une libération d’énergie stagnante. Et de nouvelles idées fraîches, positives et différentes arrivent. Cela peut prendre un certain temps mais gardez confiance.

Quand je tourne en rond dans ma tête ou après une expérience d’échec ou négative, voilà ce que je fais (pèle-mêle, cela diffère selon le degré d’impact de l’événement négatif) : sortir de chez moi et aller au magasin, ramer, surfer, aller à la mer, peindre, dessiner, cuisiner, m’occuper de mes plantes, aller marcher dans la nature, changer d’activité de travail, faire une sieste, écouter un audio positif, regarder une vidéo inspirante, lire un livre, voir un(e) ami(e), parler à quelqu’un, suivre un cours, laisser mon téléphone à la maison, m’écrire une auto-guidance, ranger des vieux papiers, faire un peu de nettoyage, etc.


Repeins Ton Vélo

Le poète australien, écrivain et critique littéraire, Clive James a un exemple parfait sur comment, durant une horrible période de « sécheresse » créative, il s’est remis au travail sans s’en apercevoir.

Après un énorme échec (une pièce qu’il a écrit pour le théâtre de Londres, qui a non seulement été critiquée, mais qui a aussi ruiné financièrement sa famille et lui a fait perdre quelques amis), James tomba dans une état profond de dépression et de honte. Après la clôture de la pièce, il ne fit rien d’autre que rester assis sur son canapé et fixer le mur, mortifié et humilié, pendant que sa femme tentait de garder la famille unie. Il n’arrivait pas à imaginer comment il pourrait retrouver le courage d’écrire à nouveau.

Un jour, les filles de James interrompirent son processus de deuil pour lui faire une demande banale. Elles lui demandèrent si il voulait bien faire quelque chose pour embellir leur vieux vélo d’occasion. Consciencieusement, mais pas forcément de façon joyeuse, James obéit. Il se traîna hors du canapé et s’attela au projet.

D’abord, il peigna minutieusement les vélos des filles avec des tons rouge vif. Puis, il polit les rayons des roues avec de l’argent et zébra le siège. Mais il ne s’arrêta pas là. Quand la peinture fut sèche, il commença à ajouter des centaines de minuscules étoiles de couleur or et argent – un champ merveilleux de constellations – sur toute la surface du vélo. Les filles devenaient impatientes qu’il termine, mais James n’arrivait tout simplement pas à s’arrêter de peindre des étoiles. C’était un travail incroyablement satisfaisant. Quand il eut finalement terminé, ses filles se mirent à pédaler sur leur vélo magique, remplies d’émotion, alors que le grand homme restait assis, se demandant ce qu’il allait bien pouvoir faire de lui pour la suite.

Le jour suivant, ses filles ramenèrent une autre petite fille du voisinage, qui demanda si Monsieur James voulait bien peindre des étoiles sur son vélo à elle aussi. Il s’exécuta. Il croyait en cette demande. Il suivait les indices. Quand le travail fut accompli, un autre gamin pointa son nez, puis un autre, et encore un autre. Bientôt, ce fut une ribambelle d’enfants faisant la queue pour que leur humble bicyclette soit transformée en oeuvre d’art interstellaire.

C’est ainsi que l’un des plus grands écrivains de sa génération passa plusieurs semaines assis sur le trottoir à peindre des centaines et des centaines de petites étoiles sur tous les vélos des enfants du quartier. En faisant ainsi, il en vint lentement à faire une découverte. Il réalisa que l’échec avait une fonction. L’échec te pose la question si tu veux toujours continuer à faire les choses. A sa grande surprise, James réalisa que sa réponse était Oui. Il voulait vraiment continuer. Pour le moment, tout ce qu’il voulait, c’était de peindre de belles étoiles sur les bicyclettes des gamins. Mais en faisant cela, quelque chose était en train de guérir au fond de lui. Quelque chose revenait à la vie. Parce que, quand le dernier vélo fut décoré, et chaque étoile dans son propre cosmos personnel fut remis à sa place, Clive James eut enfin cette pensée : Je vais écrire quelque chose à ce propos un jour.

Et, à ce moment-là, il fut libéré.

L’échec avait disparu ; le créateur était revenu.

En faisant autre chose – et en faisant cela avec tout son cœur – il avait détourné son chemin hors de l’enfer de l’inertie et est retourné dans le Big Magic*.

*Big Magic = réservoir de créativité qui nous permet d’avoir des idées et créer


J’ai lu ce livre en anglais. Mais il est également disponible en français sous le nom Comme par magie.

 


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